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Je n'achète jamais de livres neufs, je repère les ouvrages qui m'intéressent en librairie et je les achète d'occasion quelques temps après. J'ai découvert un site absolument génial (Recyclivre pour ne pas le nommer), qui a une démarche doublement vertueuse, à la fois écologique et solidaire. Je ne peux plus m'en passer.

J'ai cependant fait une exception pour celui-ci. J'étais dans la salle d'attente de mon esthéticienne préférée, à feuilleter un magazine en attendant mon tour, quand je suis tombée sur la présentation de cet ouvrage. Il était encensé par la critique, dont je ne tiens jamais compte en temps ordinaire, et le résumé donnait très envie. Je me suis donc précipitée pour l'acheter et ... j'aurai mieux fait d'attendre.

La lecture a été particulièrement pénible, tant à cause du style employé qu'à cause de l'histoire en elle-même.

Orpheline de mère, Julia (Turtle ou Croquette) vit seule avec son père dans une maison délabrée isolée de tout. Elle est en décrochage scolaire (on comprend assez vite pourquoi), n'a pas d'amis, et voue une passion dévorante aux armes à feu. En fait son père, un enfoiré de première, la tient à l'écart du monde et en a fait sa chose, son amour absolu comme il la nomme (si tant est qu'il y ait une once d'amour là-dedans). Violent, incestueux, manipulateur, il a une emprise totale sur sa fille et jusqu'au bout on se demande comment et si la pauvre gamine va pouvoir s'en libérer.

C'est absolument horrible, certains passages sont à la limite du supportable. Le père, je l'ai détesté dès les premières lignes, Julia j'ai eu envie de la secouer à plusieurs reprises malgrè le fait qu'elle n'ai que 14 ans, comme j'ai eu envie de secouer tous ceux qui gravitent autour d'elle (le grand-père qui malheureusement casse sa pipe au moment où il se décide enfin à dire non à ce qui se passe, les professeurs, le directeur du collège, les camarades de classe, les copains du père). A tous je hurlais intérieurement "mais bon sang réagissez, vous voyez bien que cet enfant est en danger, faites quelque chose).

J'ai eu beaucoup de mal à digérer ce livre, je ne dirais pas que j'en ai fait des cauchemars, mais presque. Ca sert aussi à ça les livres, à vous faire sortir de votre zone de confort.