OIP (2)

Comment vivre confiné sans perdre la boule. Pas facile quand on aime les loisirs de plein air. Le métro, boulot, dodo commençant à devenir pesant, je me suis acheté un vélo d'appartement histoire de me défouler un peu. Le paysage statique du mur de ma terrasse et le vert de ma pelouse ne me faisant pas/plus rêver, je me suis également abonnée à la presse quotidienne, celle que je n'ai jamais le temps de lire en temps ordinaire, et je pédale donc en m'instruisant.


Ce matin je suis tombée sur un article qui m'a beaucoup fait rire, même si ce n'est pas vraiment drôle. Enfin pas drôle du tout, car je pense que ce confinement engendre beaucoup plus de problèmes qu'on ne le pense.


Ca se passe en Californie, mais ça aurait pu se passer n'importe où ailleurs dans le monde. Un jeune homme a été arrêté pour avoir frappé sa mère qui avait caché le papier toilette familial pour éviter qu'il n'en fasse un usage trop abondant en ces temps de pénurie liée au coronavirus. Comme elle refusait de révéler la précieuse cachette, le ton est monté et son fils l'a frappée, selon l'inspecteur envoyé sur place, qui souligne que les mesures de confinement ont provoqué une recrudescence de violences domestiques.


Une fois ma séance de sport terminée, je me connecte pour en savoir un peu plus sur cette histoire de PQ qui met KO. Et là j'apprends que de nombreux rayons de supermarchés ont été pris d’assaut par des consommateurs inquiets de manquer de papier hygiénique. Manquer de denrées alimentaires soit, à la rigueur je peux comprendre (quoique nous ne sommes pas en temps de guerre ni en période de rationnement), et je me souviens que le même phénomène s'était produit lors de la guerre en Irak, les gens avaient stocké. Mais se ruer sur du papier toilette, je trouve quand même ce comportement irrationnel. Dans les grandes surfaces, les gens se battent pour quelques rouleaux, ils en viennent aux mains pour obtenir de quoi se torcher les fesses.


J'essaies de comprendre car si les mesures d’hygiène comme se laver les mains ou éternuer dans son coude font partie des gestes barrières, le PQ ne joue aucun rôle dans le dispositif de santé publique. Nous sommes confinés, on peut très bien se laver à l'eau après avoir fait ses besoins. Ca se pratique déjà dans certains pays je crois.

Alors les gens ont peur de quoi? Qu'est ce qui les motive? Ou serait-ce plutôt ce satané virus qui met leurs nerfs en pelote si bien qu'ils sont prêts à s'entretuer pour tout et n'importe quoi? Je crois que nous ne sommes pas au bout de nos surprises et que cette pandémie va nous en apprendre beaucoup sur la nature humaine, dans ce qu'il y a de meilleur comme dans ce qu'il y a de pire.