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Cette photo évoque immédiatement l'idée d'être perdue au milieu de l'océan, échouée sur une île déserte. Mais pour moi "seule au monde" veut dire tout autre chose, probablement parce que je me rends compte qu'on est toujours tout seul en définitive. On a des amis, ou ce qu'on croit l'être, de la famille, des amoureux mais chacun vit dans sa bulle et l'idée de quelqu'un qui partage ta vie, les bons et les mauvais moments, devient obsolète, voire complètement chimérique.

Bien sûr l'épanouissement personnel est primordial mais l'est-il au point de tout sacrifier ? De faire de l'autre une personne de passage qu'on jette quand elle devient trop présente ? Ou est-ce la peur de se mettre à nu qui fait fuir ? L'engagement a ses limites et c'est triste...

J'étais en ville ce matin et il y avait beau y avoir du monde un peu partout dans les rues et sur les terrasses, ce n'étaient que des îlots solitaires connectés à leur Smartphone. Pourtant nous venons de vivre une longue période de confinement, et je pensais qu'après avoir été privés de liens sociaux, cette levée d'écrou serait l'occasion de se recentrer sur l'autre. Mais les mains ne sont dorénavant plus libres pour tenir celle de l'autre. Les yeux ne sont plus rivés sur le sourire de la personne qui accompagne, ils sont de passage eux aussi et défilent au rythme d'un doigt qui balaye l'écran...